LesLes acteurs de la pièce sont déjà connus. Leurs revendications n'ont pas changé. Mais la semaine qui s'ouvre a des airs d'affrontement final. Dans bataille sur réforme des retraites, l'exécutif mise tout sur un vote de son texte au Sénat avant fin de nuit du dimanche 12 mars. Les syndicats, de leur côté, ont appelé à « mettre la France en attente » mardi. , le 7 mars, et certains d'entre eux entendent poursuivre le mouvement dans les jours suivants. A l'aube de ces jours décisifs, chaque partie pousse les curseurs à l'extrême. Afin marteler ses convictions quant au bien-fondé de sa réforme, la Première ministre Élisabeth Borne s'invite sur France 5 le 6 mars au soir pour une heure direct. Depuis plusieurs jours, gouvernement et majorité, conscients d'avoir perdu la bataille l'opinion, tentent de sauver meubles, dans une certaine confusion : tour à tour, il s'agit dramatiser les risques que feraient courir grévistes à l'économie française, ou banaliser la sombre journée qui s'annonce, pour mieux se projeter dans un hypothétique « après ». Lors d'une manifestation étudiante à Paris le 23 février. Photo Nathalie Vu-Dinh / Hans Lucas via AFP De quoi faire sourire Marylise Léon, numéro deux la CFDT, retour banlieue Saint-Étienne où, jeudi, l'intersyndicale a nouveau affiché son unité - exceptionnelle dans l'histoire des mouvements sociaux français, tant pour son ampleur et sa solidité. La stratégie du gouvernement, qui vise à relativiser l'importance de la mobilisation existant sur l'ensemble du territoire, me paraît périlleuse, surtout si elle est menée de manière aussi maladroite. Il ne faut pas prendre les Français pour des imbéciles », a déclaré le dirigeant syndical. «Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles», a déclaré Laurent Berger, le syndicaliste, le 6 mars au matin sur France inter. Comme tous ses homologues, elle aborde sereinement le 7 mars, sixième journée de mobilisation nationale depuis le 19 janvier. Pour les opposants à la réforme, tous les indicateurs sont au vert. Beaucoup font le pari que les manifestations rassembleront davantage que le 31 janvier dernier, qui était déjà la journée de manifestation la plus massive des trente dernières années. Les appels lancés depuis le 16 février pour tirer l'économie vers le bas, au moins un jour, devraient également se traduire par de nombreuses grèves. "Une des journées les plus difficiles de tous les temps", a prédit dimanche sur France 3 le ministre des Transports Clément Beaune. La RATP et la SNCF ont annoncé un trafic "très fortement perturbé". La direction générale l'aviation civile a son côté demandé aux compagnies réduire mardi et mercredi leurs programmes vols, 20% à 30% afin d'anticiper les fermetures. Et ce sans compter sur la mobilisation des ravitailleurs, chargés d'approvisionner les avions en carburant, qui n'ont pas à déclarer à l'avance leurs arrêts de travail. Les camionneurs, qui restaient l'écart du mouvement parce qu'ils voulaient négocier leur côté pour maintenir leur «congé de fin d'activité» 57 ans, ont appelé dimanche leurs troupes se joindre la mobilisation. Les syndicats d'enseignants comptent sur des majors en grève dans toutes les écoles. Dans la métallurgie, l'appel à la grève concerne tous les mastodontes du secteur aéronautique ou automobile. Et dans les raffineries, CGT ne cache pas sa volonté de « bloquer toute l'économie », en agissant sur la production, distribution et l'importation de carburant. Dans certains secteurs, comme le gaz et l'électricité, la mobilisation a même commencé dès vendredi, pour peser sur les discussions au Sénat et le vote de la suppression de plusieurs régimes spéciaux. Enfin, les camionneurs, qui s'étaient jusque-là tenus l'écart du mouvement parce qu'ils souhaitaient négocier leur côté le maintien de leur «congé de fin d'activité» 57 ans, ont appelé dimanche leurs troupes se joindre la mobilisation, après s'être rendu compte qu'ils ne le feraient pas. échapper à deux ans d'heures supplémentaires. Des bulles de colère partout Il faut mesurer le caractère inédit la situation, après près deux mois heurts autour la réforme. Qui aurait cru que la CGT et Force Ouvrière conserveraient leur proximité avec la CFTC ou l'Unsa, que les syndicats les plus exigeants ont toujours trouvé trop tiède ? Qui aurait parié de voir Laurent Berger, dirigeant d'une CFDT traditionnellement réticent aux grands jours de mobilisation nationale, appeler à ce qui ressemble à la grève générale, même s'il évite ce terme ? Gotopnews.com